Se comparer sans se taper sur la tête – KOOL

On a appris dans nos cours que se comparer est une action complètement normative et même nécessaire à notre développement cognitif et émotionnel. On t’explique. La conception que tu as de toi-même actuellement a commencé à se créer dès ta plus tendre enfance, bien avant tes plus vieux souvenirs. Pour arriver à créer cette représentation mentale de ta personne, il y a deux processus. 

Le premier est d’utiliser tes expériences antérieures comme référence dans la perception que tu te fais de toi-même. Prenons l’exemple d’une jeune adolescente qui a vécu plusieurs situations dans lesquelles un lien d’amitié fort avec une personne se serait rompu par le biais de mise à l’écart graduelle et blessante. Dépendamment de l’interprétation que tu te fais de l’événement, le jugement que tu te portes en sera affecté. Par exemple, si cette fille considère que ce rejet est dû au fait qu’elle est timide, ce qui l’empêche d’avoir du fun dans un contexte de groupe, elle en jugera probablement qu’elle n’est pas intéressante aux yeux des autres. 

Cela nous mène au deuxième processus, qui est de se comparer aux autres pour mieux se définir. Cela pourrait avoir pour effet de confirmer ou infirmer nos perceptions de soi. Toujours dans le cas de la jeune adolescente, celle-ci pourrait avoir tendance à se mettre à se comparer en se demandant ce que les plus populaires ont qui les rend si intéressants. Ainsi, si elle remarque que les plus populaires ont une facilité à entrer en contact avec les autres, cela viendra confirmer son impression que c’est sa timidité qui la rend inintéressante. 

Tout cela fait en sorte que la valeur qu’elle s’accorde en sera ainsi teintée. Ainsi, elle sera encline à reproduire ce même raisonnement lors des prochaines situations similaires. Par exemple, dans une éventuelle relation amoureuse, si elle a l’impression que son copain est plus distant, car il passe de plus en plus de temps avec ses amis, elle pourrait adopter ce même pattern de réflexion et l’interpréter comme un rejet. Elle en viendra donc à la conclusion qu’elle n’est peut-être pas assez intéressante en comparaison aux amis de son copain.   

Bon. On s’est peut-être un peu éloigné de notre sujet initial. Oupsi. Mais pas tant que ça dans l’fond. Tu vas voir.   

Là où on veut en venir, c’est que la comparaison, c’est normal, mais ça comporte certains dangers. Voici deux raisons pour lesquelles tu devrais faire preuve de précaution lors de celle-ci. 

Same, same, but different

La première, c’est qu’on est tous différents. Oui oui, tous humains, mais tous différents. Ça, tu le sais déjà, mais ce que tu dois comprendre à travers cette affirmation c’est que chaque individu a vécu ses propres expériences, pis ça, c’est non-négligeable. Ça rejoint en quelque sorte le premier processus dont on a parlé plus haut. L’environnement dans lequel tu as grandi, les gens qui t’ont entouré, la qualité de tes relations, les opportunités que tu as eues viennent influencer tes besoins, ta manière de voir la vie ou encore tes attitudes de manière générale. En plus de tout ça, ton tempérament, qui est une composante innée de ta personne, joue aussi un rôle par rapport à tes réactions dans différents contextes. Par exemple, certaines personnes vivront leurs émotions de manière plus accentuée que d’autres, simplement car ils ont cette propension à faire preuve d’une plus grande intensité dans leurs expressions. Ainsi, quelqu’un avec une faible intensité des émotions pourrait avoir l’impression, en se comparant à ces dernières, de manquer d’entrain et de dynamisme.  Il s’agit simplement d’une distinction au niveau de la manifestation, sans toutefois être lié à la force de l’émotion réelle. 

Bref, de la même manière que tu ne comparerais pas des pommes pis des oranges, comparer deux humains aveuglément, c’est absurde ! Penses-y deux secondes… ça peut être bien tentant, mais ça mène rarement à quelque chose de constructif.  

Reflect vs reality 

On « scroll » les photos des autres en jugeant constamment, « j’aime » ou « je n’aime pas », « elle est belle la photo » ou « elle n’est pas belle », « je suis pareil » ou « je ne suis pas pareil », « elle a plus que moi » ou « elle a moins que moi »… En jugeant, on se compare. Mais réellement, les réseaux sociaux sont simplement des plateformes où le positif est mis de l’avant au point d’en être modifié et perfectionné ; la meilleure photo (sur une centaine), le meilleur angle, le meilleur fond d’écran, le meilleur moment… Ça nous apporte quoi en bout de ligne de se comparer au contenu de notre feed ? Ça nous donne accès à une facette de la personne, qui n’est pas nécessairement représentative de la réalité. C’est d’ailleurs la deuxième raison pour laquelle il faut faire preuve de vigilance. On ne s’en rend pas nécessairement toujours compte, mais ça peut avoir un impact sur notre moral au quotidien. Ça t’est sûrement déjà arrivé de te retrouver sans plan chez toi devant ta TV, pendant que tu vois sur les réseaux sociaux des connaissances s’affichant bien habillés dans des partys remplis de gens. Premier réflexe : te dire qu’ils ont clairement une vie plus palpitante que la tienne. Pourtant, ce que tu n’as pas considéré, c’est qu’il y a deux jours, c’est toi qui festoyait avec tes amis, alors qu’eux ont passé la soirée devant netflix. 

Tout ça, ça s’applique aux réseaux sociaux, mais aussi dans la vie de tous les jours. Tu arrives en classe et tu entends ton collègue dire qu’il a fini de rédiger son travail. T’es alors envahi par un sentiment de panique puisque toi, tu en es seulement à ta première page. Ce que tu ne sais pas, c’est que ce qu’il a fini c’est son brouillon, alors qu’il le travaillera encore pour une semaine. Toi, au contraire, l’étape du peaufinage, tu la fais au fur et à mesure de ta rédaction. Ainsi, il s’agit d’une facette qui n’était pas apparente à la base, mais qui a un impact majeur sur la manière de voir la situation. 

Au final là, se comparer peut permettre de t’aider à mettre le doigt sur certaines choses que tu aimerais améliorer. Toutefois, pour se faire, il faut que tu portes un regard critique afin de rationaliser le contexte de l’autre personne. Lorsque tu vois une personne en shape, en prenant le temps de contextualiser, tu pourrais te rendre compte que celle-ci s’entraîne 4 fois par semaine depuis 1 an. Ainsi, en mettant l’accent sur le processus plutôt que sur les résultats, une réflexion constructive en découlera en prenant conscience du cheminement de l’autre. À la place d’avoir pour effet de te rabaisser, cela pourrait au contraire être une source d’inspiration alimentant une envie de changement. Ce qui aurait donc pu être une comparaison négative devient une comparaison proactive, c’est-à-dire une source de motivation permettant un progrès. À la suite de tout cela, ce qu’il reste à te demander c’est: comment MOI, dans MON contexte, avec MES forces et MES faiblesses, je peux m’améliorer dans le but de ressentir un sentiment de satisfaction? Ce dernier devra être établi en fonction du chemin que TU as parcouru. Rappelle-toi ce qu’on a abordé dans l’article 5 : n’oublie pas de considérer tes limites et de rester indulgent envers toi-même.

Pour être Kool, inspire-toi, mais n’arrête jamais de look en toi.

Cath et Mel xx 

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