Marek - Apprendre à « Être » – KOOL

Le Québec compte au-dessus de 8 millions de visages à la santé mentale et bien que, comme la santé physique, ce soit quelque chose qui nous suivra toute notre vie, ce n’est pas un aspect que nous abordons et auquel nous nous attardons le plus. Je ne crois pas que c’est une surprise si je vous dis que notre société semble valoriser tout ce qui est plus axé sur la réussite, la performance, le pouvoir et le paraître. Je me demande combien de personnes ont réalisé que cette manière de fonctionner a un impact direct sur comment nous vivons et comment nous nous portons, mais surtout, combien ont réalisé que le résultat n’est pas si positif que ça. Bien sûr, notre société innove, bien sûr, nous accomplissons de belles choses, mais l’humain en dessous, lui, il va comment? 

La vérité c’est qu’on ne va pas si bien que ça. Cette urgence de répondre à ces pressions que la société nous insuffle est, selon-moi, le lien direct à faire avec beaucoup de nos maux. Pas tous, mais beaucoup. Parfois, c’est sous des formes plus subtiles que nous retrouvons les traces de ces impacts: chez des gens qui ont l’impression de ne jamais « être assez », chez d’autres qui doivent être épuisés, « brûlés », pour pouvoir croire être productif, la glorification of busy, le perfectionnisme et combien d’autres? Puis, il y a le Burnout, la dépression 

Bien que la société ait le dos large, je suis d’avis que toutes les problématiques de la santé mentale et le fait que quelqu’un ne se sente pas bien ne découlent pas seulement d’elle. Des fois, ça peut être un mélange: ça peut venir de l’enfance, ça peut être à la suite d’un événement marquant ou à cause de la génétique. D’autres fois, nous n’en avons simplement aucune idée. Ce qu’il faut retenir c’est que la santé mentale est présente et qu’elle prend de la place. Nous devons arrêter de la minimiser et la regarder pour ce q 

Je crois que la façon dont nous l’abordons, le fait que nous n’utilisons pas les ressources, et que nous ne prenons pas les moyens et le temps nécessaire est déplorable. Pas seulement au Québec. Je crois que le quasi mutisme face à cette problématique est une autre grande pandémie. 

Qu’est-ce qu’on peut faire? Qu’est-ce qu’on peut faire pour venir en aide à toute cette sphère qu’est la santé mentale, pour se porter mieux? Il y a tant à faire. 

Je me demande, cependant, ce que ça engendrerait comme réalité si le système scolaire prenait action dans la problématique. Qu’est-ce qui pourrait arriver si, dans le cursus scolaire, les jeunes devraient apprendre à « Être »? Être avec soi, être en société et être face à l’autre? Je ne parle pas de dicter une marche à suivre pour devenir quelqu’un mais plutôt à des façons concrètes de porter l’attention vers soi, ses sentiments, ses besoins, le respect, les limites, l’ouverture, l’expression et lécoute de soi...Un cours d’éthique dans ce sens peut-être? Qu’est-ce qui arriverait si l’effort et la persévérance étaient autant félicités et valorisés que le club des 90? Qu’est-ce qui arriverait si au même titre que de faire de la prévention sur les ITS, l’alcool et la drogue, on en faisait sur la santé mentale? Qu’est-ce qui arriverait si on tendait autant la main à un élève qui a une maladie physique qu’à un autre qui a un trouble de santé mentale? Qu’est-ce qui arriverait si on ouvrait la conversation? Qu’est-ce qui arriverait si l’humain était mis de l’avant? Vous savez, je crois que le taux de suicide, d’intimidation, de décrochage scolaire, d’anxiété, you name it, baisserait de façon considérable. Je crois que le travailleur de demain aurait moins de chance de sombrer dans le burnout. Oui, j’y crois, puisque contrairement à une croyance populaire, je crois que prioriser l’humain fera de « meilleurs » élèves et donc de « meilleurs » travailleurs. Posez-vous la question : Quand je ne suis pas stressé.e, envahi.e par la pression, anxieux.se, dépressif.ve, et/ou autres, est-ce que je travaille mieux? Est-ce que je me concentre mieux? Est-ce que mon envie d’aller au travail ou à l’école est plus grande? Il serait facile de continuer sur cette lancée et de vous énumérer des dizaines d’autres questions sur, entre autres, le changement dans les relatio 

J’ai envie de vous laisser avec une scène d’un de mes films préférés, Dead Poets Society (1989): M. Keating, un enseignant de lettres, monte sur son bureau et invite ses élèves à le rejoindre et à faire de même. Il explique: « I stand upon my desk to remind myself that we must constantly look at things in a different way » (Je me tiens debout sur mon bureau pour me rappeler que nous devons constamment regarder les choses d’un point de vue différent). J’espère que vous pratiquerez cette façon de penser vous aussi et j’espère que vous percevrez autant que moi à quel point les changements qui peuvent en d’écouler sont KOOL. 

Marek 

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