Karine – L’épuisement

2019 aura été une année difficile, mais combien enrichissante sur le plan personnel. Ce voyage solitaire que je m’apprête à faire, au Costa Rica, est mon ultime récompense et la preuve de mon cheminement. 12 jours à être là, pour moi. Voici pourquoi :

Alors qu’en janvier 2019 et que tout me semblait déjà tracé au crayon permanent, j’ai fait le saut en me rendant compte qu’au fond j’avançais les yeux fermés. Je venais tout juste de terminer mon Bacc. J’étais fière et supposément prêtre à accomplir ma dernière année d’étude, soit celle où j’allais chercher le petit plus que j’attendais tant: ma spécialisation en exercices thérapeutique. Deux sessions de quatre mois et « up » tout allait être terminé. Un Bacc plus un DESS en poche… J’étais déjà très fatiguée et sur les anti-dépresseurs à la fin de mon Baccalauréat, mais rien ne pouvait m’arrêter. Je suivais la « gang ».

Après deux mois à essayer de suivre le groupe du DESS de peine et de misère, j’ai bien réalisé que quelque chose n’allait plus. À peine quelques semaines plus tard, le médecin me recommandait l’arrêt complet des études pour cause d’épuisement psychologique et scolaire. Le retour est prévu pour janvier 2020! Outch! J’étais à bout de tout, et ce, depuis plusieurs années, mais je ne m’étais jamais écoutée. Les conséquences étaient maintenant présentes. Il s’en est suivi un mois à dormir comme jamais je ne l’avais fait auparavant. Durant ce mois, je travaillais seulement 2 jours par semaine, soit les weekends (pas pire relaxant pour une fille qui était sur du 7 jours sur 7 depuis le début de son Bacc).

La suite a déboulé. Cet arrêt était le début d’un beau cheminement. Quelques mois plus tard, on m’a diagnostiqué un Trouble Déficitaire de l’Attention (TDA) : « Et bien! Il était temps que je le sache, mes études sont pratiquement toutes faites ». Il s’en est suivi l’ajustement de la médication (La joie! On a toujours pas trouvé la bonne combinaison, et ce, après plus de 4 mois d’essais et d’erreurs). Puis ma démission crève-cœur du Nautilus Plus Longueuil, milieu et ambiance que j’adorais, mais qui me rendait beaucoup trop stressée, un deuxième déménagement pour retourner vivre à temps plein chez papa et maman (oui, oui, durant mes études, je faisais Sherbrooke-Longueuil chaque semaine pour aller travailler 2 jours, et ce malgré les études durant la semaine). Puis le début de deux nouvelles jobs dans ma région pour arriver à avoir assez d’heures, ainsi qu’une remise en question quant à mon choix de carrière (Au fond la kinésiologie, est-ce vraiment pour moi?).

Ensuite il y a eu le processus de recherche avec un orienteur pour en venir à la décision de ne pas retourner à l’école en janvier 2020 et de plutôt prendre le temps de savoir ce que je veux réellement (wow, toutes ces études pour rien? Que vont penser mes parents? Ils m’ont aidé à financer ces études? Vont-ils être fâchés?). Sans oublier des relations amoureuses plus ou moins concluantes et souvent même blessantes, suivi d’un troisième déménagement et finalement ce cher voyage solitaire. Ce voyage, je l’ai réservé alors que plus rien n’allait et que la seule envie était de me retrouver seule pour me prouver que j’en étais capable. Relever ce défi et penser à moi, pour une fois, est tout qu’un accomplissement. En même temps que tous ces changements, j’ai aussi eu de multiples rencontres avec une psychologue pour m’éclairer sur une multitude de sujets. C’est aussi cette année que j’ai découvert le yoga et tous ses bienfaits. J’y suis tombée tête première et j’ai même poussé plus loin en suivant un cours de « MBSR » Mindfulness-Based Stress Reduction (Réduction du Stress Basée sur la Pleine Conscience). Ce cours, je vous le conseille à tout prix. En tant qu’étudiant, mon dieu qu’on est bon pour penser au futur au non au moment présent.

Malgré tout, je suis reconnaissante d’avoir vécu ce « burnout ». Je suis surtout reconnaissante de l’avoir accueilli et cherché de l’aide. Sans ça, je n’aurais pas fait ce 180 degrés. Obstacle après obstacle, j’ai continué d’avancer et de persévérer. Bien sûr ce fut une période un peu plus solitaire et c’est pour cela que j’ai dû passer par-dessus cette peur: la solitude. À la place, je l’ai transformée et je m’en suis fait un refuge plus qu’agréable et reposant pour l’esprit. J’ai appris à ne pas être seule avec moi-même. Au fond, il suffisait de comprendre qu’on n’est jamais seul si on se donne le droit d’être sa meilleure amie. Je me suis retrouvée comme jamais auparavant. J’ai appris à m’écouter, à prendre soin de moi et à reconnaître mes besoins. Le yoga, la méditation pleine conscience, le temps, les voyages, le soutien d’une psychologue, l’écoute attentive d’amies présentes et bien sûr l’écoute de mon corps ont été plus qu’aidants. Cette prise de conscience, je la souhaite à tous! Prenez le temps de vous arrêter quand plus rien ne va et de demander de l’aide si c’est nécessaire. Vous en serez grandement reconnaissants, j’en suis persuadée. Parfois, un pas vers l’arrière nous aide à en faire trois vers l’avant. Si je ne m’étais jamais arrêtée, je ne me serais jamais posé de questions et j’aurais continué à avancer sur le pilote automatique, sans penser à moi et à ce qui m’allumait vraiment dans la vie. Et savez-vous quoi? J’y travaille encore! Ce cheminement n’est qu’à son début. Autant que le temps pressait avant, autant que maintenant, je le savoure.

Surtout, n’ayons pas peur de s’arrêter, de douter de nos choix, de se confronter, de creuser nos peurs et d’aller chercher l’aide et les outils qu’il nous faut pour être heureux. En tant qu’étudiant, il ne faut pas sous-estimer la charge de travail que nous avons sur nos épaules. Apprenons à gérer notre stress et à déceler les signes d’alerte le plus tôt possible, afin d’épargner notre santé mentale. Parlons de celle-ci sans tabou, même si nous ne sommes pas toujours compris comme nous le voudrions! Au fond, l’important c’est qu’on se comprenne.

One reply on “Karine – L’épuisement

  • Julie Crack

    Bravo pour ta prise de conscience et ton témoignage. Tu sera un exemple pour plusieurs qui ne savent même pas encore qu’ils sont en train de couler. S’écouter n’est pas facile et malheureusement, la société ne nous le permet souvent pas. Je te lève mon chapeau et ne l’oublie surtout plus jamais. Tu es ta meilleure amie et aime toi à ta juste valeurs pour que ceux qui t’entourent fasse de même. Tu es une déesse, une guerrière et tu répands un beau message d’espoir.
    Namaste 🤍🙏

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