Comment enfin comprendre ses émotions?

Dans cet article, on s’attaque à ce qui est probablement la plus grosse bête noire de plusieurs : les émotions. Tellement souvent on a tendance à vouloir se battre contre celles-ci. Pourtant, tu serais surpris de savoir à quel point tes émotions pourraient devenir tes alliés. Imagine…ce serais-tu pas beau ca ?! Être en mesure de les accueillir, de les accepter et de leur laisser être….de te laisser être, tout simplement. Aussi utopique que ça puisse paraître, en y travaillant quotidiennement, il y a moyen de faire en sorte que ca soit possible. Mais pour ça, il faut comprendre les mécanismes qui se cachent derrière elles. 

Avant tout, mettons une chose au claire : que tu sois homme ou femme, t’es d’abord et avant tout un humain. Et je t’apprendrai rien en te disant qu’un humain, ben des fois ça rit, des fois ça se fâche, mais des fois aussi ça pleure. Oui oui. Tu m’as bien compris. Donc, à tous ceux qui sont convaincus qu’ils n’ont pas le droit à l’émotion, que ce soit à cause de ton sexe, de ton âge, de ton titre ou de ton rôle social, j’espère que tu prendras le temps de lire jusqu’à la fin. Quand tu reçois une notification sur ton cell, que fais-tu ? Tu ouvres l’application et tu en prends connaissance. Et bien explique-moi pourquoi on a autant de mal à faire le même processus quand c’est notre corps qui nous envoie une notification ? Une émotion, c’est un signal. Si tu prends pas le temps d’en prendre conscience, alors tu connaîtras jamais la nature du message.

Donc, la première étape c’est de te montrer assez à l’écoute de toi-même pour être en mesure de détecter ces signaux-là. Une fois que ça c’est fait, l’idée est d’arriver à identifier ses émotions. Bien que ça puisse sembler très simpliste, on fait souvent l’erreur de mélanger certaines émotions pouvant sembler similaires, mais étant pourtant tellement différentes. C’est le cas, par exemple, de la colère et de la tristesse. Il faut donc prendre le temps de se questionner, en accordant une attention particulière à notre ressenti. 

Une fois que t’auras pu cerner ton mal-être et que t’auras identifié que tu te sentais déçu, par exemple, il te faudra remonter dans le temps afin d’en comprendre la provenance. Parce que là, je suis à quelques mots de te dévoiler quelque chose qui pourrait révolutionner ta vie.  En tout cas, pour moi, ça m’a permis d’adopter une approche constructive. Alors es-tu prêt ? Voici un enchaînement typique pouvant expliquer la majorité de nos réactions émotionnelles :

Plaçons-nous dans un contexte de travail d’équipe. Tu ouvres le document et tu constates un grand nombre d’erreurs dans la section écrite par ta collègue (évènement). La première chose qui te vient en tête est qu’elle n’a clairement pas mis suffisamment de temps dans le travail et que ça vous mettra certainement en retard (pensée). Tu te sens alors envahie par une grande frustration (émotion). Tu adoptes donc une attitude froide à son égard (comportement). 

Là où ça devient intéressant, c’est que maintenant que tu connais l’enchaînement, tu pourras, dans ton quotidien, t’en servir pour constater l’impact qu’ont tes pensées sur tes émotions. Et ce qui est encourageant là-dedans, c’est qu’il est possible de travailler sur nos pensées. Dans la situation décrite plus haut, à la suite du même évènement, tu aurais pu adopter une pensée alternative. Par exemple, si tu avais réagis en te disant que malgré les erreurs d’orthographe, le fait qu’elle aie écrit sa partie représentait déjà un avancement dans votre travail, tu aurais alors été soumis à une émotion moins négative. Ton émotion aurait ainsi pris une ampleur plus raisonnable et tu aurais été davantage en mesure d’affronter la situation d’une manière constructive et ouverte. 

Là, ça semble tout simple, mais il y a aussi des situations lors desquelles la décortication s’avère plus ardue. C’est le cas notamment pour les émotions réactionnelles, qui sont en fait des réactions émotionnelles face à ses propres émotions. 

Prenons l’exemple de quelqu’un qui ne se ferait pas inviter à un party (événement). Cette personne pourrait alors se dire qu’elle n’est pas suffisamment aimée (pensée), ce qui lui ferait ressentir de la tristesse (émotion). Toutefois, plutôt que de se permettre de vivre cette émotion, elle pourrait avoir tendance à bloquer sa manifestation en ajoutant que les gens du party sont égocentriques et hypocrites (pensée), ce qui entraînerait un sentiment de colère (émotion). 

Il s’agit d’une tendance défensive à laquelle nous pourrions tous être soumis. Un autre exemple qui revient fréquemment est le sentiment de culpabilité éprouvé par rapport à un sentiment de colère. Le danger est alors de vouloir étouffer notre colère pour réduire notre culpabilité. En d’autres mots, certains pourraient s’empêcher de vivre cette première émotion (colère) afin de ne pas être confronté à la deuxième (culpabilité). L’important, dans de tels contextes, est d’être en mesure de prendre conscience de cette interaction qui existe entre nos émotions, pour ensuite s’assurer de se laisser vivre l’émotion à la source de l’autre. 

Finalement, il y a aussi les émotions instrumentales. Celles-ci ont une fonction bien particulière, soit d’influencer l’autre. Ainsi, il nous arrive de se plaindre dans le but d’évoquer de la sympathie chez l’autre, de se fâcher dans le but d’attirer l’attention, de se rabaisser en dégageant du découragement afin de recevoir des encouragements. Bref, dans tous ces cas, bien que ce soit parfois inconscient, l’émotion cache un besoin interne que nous avons. Il importe d’en prendre conscience afin de cibler des solutions pour répondre à ce besoin. Par exemple, il peut s’agir d’un besoin de soutien, de réconfort, de conseils, d’écoute, etc. Il est alors bien plus efficace d’exprimer clairement son besoin, plutôt que de chercher à provoquer indirectement une réponse qui pourrait (ou pourrait ne pas) le satisfaire. 

Il est possible qu’en début de cheminement, tu entretiennes un peu une relation love-hate avec tes émotions. Tu seras sûrement pas tout à fait à l’aise et parfois déchiré entre ta volonté de te donner le droit à l’émotion et celle de maintenir un contrôle de toi-même. L’important, c’est que tu restes conscient de tes émotions. 

Ce n’est pas parce que tu te laisses vivre tes émotions, que tu es faible. Au contraire, la vulnérabilité c’est la force de l’esprit, pis il n’y a rien de plus Kool que ça ! 

Cath et Mel xx

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 Chaloult, L. et  Morin, G. (2008). La thérapie cognitivo-comportementale: théorie et pratique.

Ferry, M., (2019). Identifier les cognitions ou pensées automatiques. Repéré le 17 décembre 2019. 

https://tcc.apprendre-la-psychologie.fr/pensees-automatiques.html

 Guay, J. (2014, 14 juillet). La régulation des émotions. Repéré le 17 décembre 2019. https://www.ccpeweb.ca/regulation-emotions/

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