Marie-Pier - « 1-800-HOUSTON » – KOOL

J’avais 15 ans lorsque j’ai vécu ma première tempête spatiale. Seule dans l’espace, j’avais l’impression que mon vaisseau spatial était en feu et que mes appels à l’aide à Houston ne donnaient rien : mon vaisseau restait en feu. Afin d’échapper aux flammes, j‘essayais du mieux que je pouvais d’éteindre celles-ci. Encore aujourd’hui, il arrive que mon vaisseau s’enflamme, mais j’ai maintenant des outils pour éteindre le feu.

Chapitre 1 : L’anxiété: l’art de transformer un pitbull en gentil chihuahua.

J’ai longtemps « mal géré » mon anxiété. J’ai passé par le déni mais surtout par l’autodestruction. On avait beau me suggérer des outils pour m’aider, je ne laissais aucune chance à personne, ni même à moi. Lorsque j’étais en crise, je m’automutilais. Dans quel but? Probablement pour transférer ma souffrance intérieure en souffrance physique. Je me sentais incomprise par tout le monde et je détruisais une tonne de relations.

C’est lorsque j’ai commencé à accepter l’aide qui m’était offerte que j’ai réellement recommencé à vivre. J’ai timidement contacté Jeunesse J’écoute et on m’a présenté plusieurs ressources disponibles. Est-ce que j’ai eu honte en acceptant cette aide? La perfectionniste en moi te dira que oui. Le meilleur truc selon moi, c’est de trouver le bon spécialiste pour toi avec qui tu as une bonne connexion. Si tu n’as pas la bonne personne, la porte de ton jardin secret va probablement resté fermée à clé.

Après avoir vu plusieurs spécialistes, j’ai réussi, avec les années à me faire ma propre boîte à outils « anti-anxiété ». Je vais te donner quelques-uns des miens:

  1. Prend le temps de prendre ton temps
  2. Prend le temps de respirer, tu n’es pas en train de mourir, tu es en sécurité
  3. Écoute de la musique douce qui ne te feras pas sombrer dans tes pensées
  4. Fais ce que tu aimes pour te changer les idées (arts, sports, relaxation, magasinage, voir tes amis)
  5. N’aie pas peur d’en parler avec quelqu’un de confiance.

Chapitre 2 : Le trouble de stress post-traumatique et le trouble alimentaire: deux problèmes qui sont devenus de bons amis.

Après avoir vécu une agression sexuelle, du harcèlement sexuel ainsi qu’un gros incendie, mon cerveau s’est mis à disjoncter assez rapidement. Mon monde était au ralentis, comme si la planète avait arrêté de tourner. Et pourtant, les autres avaient l’air de continuer à avancer beaucoup trop rapidement pour moi. Je suis devenu hypervigilante, j’avais des flashbacks de jours et des cauchemars qui glacent le sang la nuit. Tous les événements que j’ai vécu devenaient soudainement de ma faute. Mais est-ce réellement le cas? En y réfléchissant bien, si on m’a agressée ce n’est pas à cause du linge que je  portais, ni à cause de mon attitude. Ce n’était tout simplement pas de ma faute. Ce n’est pas moi qui ait voulu vivre cette mauvaise expérience, quelqu’un l’avait décidé pour moi.

À ce moment-là, je n’ai pas été capable d’appeler à l’aide: je suis resté figée, sans mot ni âme. Je connaissais cette personne, nous étions très proche mais je sais pertinemment qu’elle ne se souciait pas de mon consentement. J’avais 16 ans à l’époque, je n’ai pas immédiatement réalisé que c’était une agression que je venais de vivre. Ce n’est que quelques années plus tard, à mes 20 ans en figeant suite à un incendie que j’ai réalisé l’ampleur de cet événement. Et encore une fois, je n’ai pas trouvé le bon moyen pour prendre soin de moi.

Ma descente aux enfers s’est produite à la suite de plusieurs événements tragiques. Je vivais le deuil d’une personne qui m’était chère, les flashbacks de l’agression et de l’incendie en plus des vacances scolaires. Le rapport avec l’école? C’est que pour moi, la seule façon de ne pas vivre mes émotions, c’était d’étudier jusqu’à 4h du matin même si mon examen était dans 2 mois. J’avais des bonnes notes certes, mais je négligeais mes amies et mes saintes habitudes de vie.

Pour revenir aux vacances, afin de me défouler et de me faire du mal, j’ai commencé à m’entraîner physiquement. Je m’entraînais 3 fois par jours: le matin, l’après-midi et la nuit. J’ai commencé à jeûner afin de perdre du poids. J’ai perdu beaucoup de poids en très peu de temps mais je me sentais si faible physiquement! Je commençais à perdre connaissance et ma santé était grandement affectée. De plus, j’ai commencé à avoir des idées suicidaires. J’avais un plan, mais je ne le disais à personne. Après un rendez-vous médical, une amie m’a gentiment accompagnée à l’hôpital, où j’y suis resté pendant 1 mois.

Chapitre 3 : Aujourd’hui à 21 ans comment est-ce que je vis?

Est-ce que je suis guéris de mon trouble alimentaire? Certainement pas, mais j’ai fait du progrès. Est-ce que j’ai envie de vivre en ce moment? Oui et plus que jamais! Est-ce que j’ai été découragée pendant mon parcours? Oh que oui, mais il y avait une force en moi qui me disait de ne jamais abandonner.

Jeunesse, j’écoute fait partie de ma vie depuis plus de 6 ans. Ils sont toujours là lorsque mon vaisseau spatial est en feu. Ils sont les Houston de ma station spatiale, toujours là en cas de problèmes tout comme lorsque ça va bien aussi.

À toi mon copilote qui lis ce texte en ce moment, peu importe ce que tu vis et d’où tu viens, il ne faut absolument pas que tu abandonnes. N’hésite jamais à aller chercher l’aide dont tu as besoin.

Marie-Pier Huot-Tardif